Les Carnets de Magellan

Chasse aux sorcières sur la colline de Juodkrante

, 12 janvier 2018


A la limite entre le monde réel et le monde mythique, dans la forêt sombre de l’Isthme de Courlande, se trouve une colline peuplée d’étranges statues.
Si l’on en croit les contes transmis par les Anciens, c’est ici que Ragè, la déesse des sorcières, organisait des fêtes endiablées.

Etroite bande de terre inscrite au Patrimoine de l’Unesco, l’Isthme de Courlande est l’un des plus beaux endroits d’Europe. La légende raconte que ce serait l’œuvre d’une géante, Neringa, qui érigea un énorme mur de sable pour protéger, tel un rempart, le château de son fiancé.

Vue de la mer, c’est une immense dune, recouverte tantôt de sable, tantôt de forêts, ponctuée de quelques villages de pêcheurs colorés. C’est depuis l’un d’eux, Juodkrante, que part le chemin de promenade à travers la colline des sorcières. Le chant des oiseaux couplé au lointain bruit des vagues rend agréable à cette balade champêtre, quoiqu’un brin fantomatique.

A la fin du 20e siècle, les artisans de la région ont décidé de sculpter des statues à l’effigie des personnages des contes et légendes lituaniens. Le petit sentier serpente entre les arbres et l’on a plaisir à découvrir une nouvelle sculpture de chêne à chaque virage.

Non loin de là se trouve la colline Garniai, qui abrite l’une des plus importantes colonies de hérons cendrés et de cormorans d’Europe.

Cette population de bruyants volatiles a modifié le paysage de manière étonnante : en raison de l’acidité du guano, les arbres de la forêt sont morts, conférant à cette colline un aspect de désolation. Tout en haut des troncs blanchis, on peut observer les nids des 4000 cormorans recensés ici.

La première occupation de l’Isthme par l’Homme remonte au début du 16e siècle. Les populations se sont ensuite déplacées au gré de l’avancée des dunes de sable. Actuellement, on compte quatre villages à Courlande. Le plus grand, Nida, abrite 1600 âmes et concentre la majeure partie de la centaine de maisons traditionnelles en bois de l’isthme. A Nida on ne compte plus les girouettes qui ornent les bâtiments.

D’ailleurs, le meilleur moyen de prendre de la hauteur est de grimper sur Parnidis, la dernière dune mouvante de l’Isthme, pour profiter d’une vue imprenable sur la lagune, la mer et le Sahara lituanien.

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