Les Carnets de Magellan

Pétra, sur les traces des Nabatéens

, 17 novembre 2017


Il est 8h, le soleil entame sa course vers le zénith. A cette heure-ci, rares sont les touristes déjà prêts à découvrir l’une des cités les plus mythiques de l’Orient : Pétra.

Le chemin d’accès est tortueux, il faut emprunter le Siq, l’étroit défilé de 1200 mètres creusé dans la montagne. Observer la roche tantôt noire, tantôt ocre, tantôt jaune sable… tel est le spectacle qui s’offre au visiteur, happé par la force presque magnétique du lieu.

Au terme d’une vingtaine de minutes de marche apparaît le Khazneh ou Trésor, l’un des éléments les plus emblématiques de Pétra. Cet ancien tombeau, entièrement taillé dans la roche, impose par sa carrure et sa hauteur de près de 25 mètres.

Située au cœur d’un massif montagneux, protégée par de hautes falaises, Pétra est restée cachée des regards pendant des siècles, oubliée du monde, avant d’être redécouverte par le Suisse Burckhardt un jour d’Août 1812.

Il n’en a pourtant pas toujours été de même : autrefois, la ville était le siège de la puissante tribus des Nabatéens, qui contrôlaient toute la région grâce à leur position, au carrefour entre la Chine et l’Europe. Peuple de fermiers et éleveurs de bétail, les Nabatéens étaient également de fins commerçants, dont l’emplacement stratégique permit d’acquérir de nombreuses richesses et connaitre une certaine prospérité. Nombreuses étaient les caravanes d’encens, de soieries et d’épices qui faisaient escale ici, car ils y trouvaient le repos et l’approvisionnement nécessaire pour poursuivre leur voyage. A la fin du 2e siècle av. J.-C, Petra était une immense cité de près de 20000 habitants, qui vivaient au sein d’une société paisible et égalitaire.

Les fouilles archéologiques dans la région ont permis d’établir que le site a été occupé par d’autres peuplades dès le 7e millénaire av. J.-C. Cependant, c’est bel et bien l’époque des Nabatéens qui reste la plus marquante pour l’histoire du site. Leur déclin arriva à l’heure où les Romains prirent le contrôle de toute la région, en 64 av. J.-C.
Après une tentative d’invasion infructueuse, Pompée décida de détourner les routes commerciales, pour asphyxier cette cité devenue trop importante. Son rayonnement diminua encore un peu plus à l’arrivée des Byzantins, puis ce fut la série de tremblements de terre aux Ve et VIe siècles qui sonna le glas du royaume nabatéen.

La ville garde néanmoins des traces du passage de tous ces peuples successifs : de l’époque romaine restent un magnifique amphithéâtre, ainsi que plusieurs éléments et aménagements d’architecture romaine.

Certains vestiges byzantins sont incroyablement bien conservés, à l’instar du sol d’une des églises, entièrement recouvert de mosaïque.

Durant les siècles qui suivirent, Petra fut jalousement gardée et protégee par les tribus bédouines, qui occupent encore aujourd’hui le site. Même si les Bédouins n’ont plus le droit d’habiter dans les grottes, car le site est classé par l’UNESCO depuis 1985, ils sont encore très présents pour louer leurs services : promenade à dos de chameau, boutiques de souvenirs… impossible de visiter Petra sans croiser ces hommes et ces femmes du désert, dont le mode de vie s’accorde parfaitement avec l’esprit du lieu.

1 commentaire

  • C est un des plus beau site du monde et qui plus est un des rares pays du moyen orient à être en paix avec tous ses voisins ! Félicitations à sa population et à ses dirigeants .

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